Ma mère faisait ça le dimanche. Pas pour une occasion spéciale, juste parce que c’était dimanche. Elle posait la cocotte sur le feu le matin, et d’ici le déjeuner, toute la maison sentait le romarin et la tomate chaude.
Je n’ai jamais su exactement ce qu’elle mettait dedans. J’ai reconstitué à ma façon…et aujourd’hui, c’est devenu mon propre rituel.
Recette ragoût de bœuf aux poivrons et romarin
Les ingrédients (pour 4 personnes)
La viande
- 800 g de joue de bœuf coupé en gros cubes
- Huile, sel, poivre
Les légumes
- 4 pommes de terre moyennes
- 2 poivrons rouges
- 3 tomates concassées ou 400 g en boîte
- 1 oignon
- 3 gousses d’ail
Les arômes
- 2 branches de romarin frais
- 2 feuilles de laurier
- 200 ml de bouillon de bœuf
- Sel, poivre, huile d’olive
Préparation
La viande : séchez les cubes avec du papier absorbant. Cocotte sur feu vif, huile bien chaude. Dorez les morceaux en plusieurs fois sur toutes les faces. Réservez.
Les arômes : dans la même cocotte, faites revenir l’oignon émincé et l’ail haché. Grattez bien le fond pour récupérer les sucs. Ajoutez les poivrons en lanières, laissez fondre cinq minutes.
La sauce : versez les tomates concassées, ajoutez le romarin, le laurier, sel et poivre. Remettez la viande, versez le bouillon. Couvrez et laissez mijoter à feu doux une heure et demie.
Les pommes de terre : trente minutes avant la fin, ajoutez les pommes de terre en cubes. Couvrez à nouveau et laissez terminer la cuisson.
Le service : goûtez, rectifiez l’assaisonnement. Posez quelques branches de romarin frais sur le dessus. Servez directement dans la cocotte avec du pain.
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La viande : du temps, pas de précipitation
La première erreur que tout le monde fait avec un ragoût, c’est de vouloir aller vite. Un ragoût de bœuf ne se fait pas vite. La viande a besoin de temps pour lâcher ses fibres, pour s’attendrir, pour se fondre dans la sauce. On choisit du paleron, de la joue ou du gîte, jamais du filet. Les morceaux à braiser sont ceux qui ont travaillé, qui ont du collagène, qui vont donner du corps à la sauce en cuisant.
On les coupe en gros cubes, on les sèche avec du papier absorbant, et on les fait dorer en plusieurs fois dans une cocotte bien chaude avec de l’huile. Pas tous ensemble, surtout pas. Si on entasse la viande, elle bout au lieu de dorer. On cherche une croûte foncée sur chaque face, c’est là que le goût se construit.
Les légumes : ils entrent en deux temps
L’oignon et l’ail d’abord, dans la même cocotte, avec les sucs de cuisson de la viande. On gratte le fond avec une cuillère en bois, tout ce qui accroche se décolle et part dans la sauce. C’est de l’or. On ajoute ensuite les poivrons rouges coupés en cubes ou en lanières, on laisse fondre cinq minutes.
Les tomates concassées entrent ensuite, avec le romarin, le laurier, sel et poivre. On remet la viande, on verse un verre de bouillon de bœuf, on couvre et on laisse mijoter à feu doux. Une heure et demie, minimum.
Les pommes de terre en cubes arrivent trente minutes avant la fin seulement. Trop tôt et elles se défont complètement, trop tard et elles restent dures. Trente minutes, pas une de moins, pas une de plus.
En fin de cuisson, on goûte, on rectifie, on pose quelques branches de romarin frais sur le dessus. La cocotte va directement sur la table. Pas d’assiette de service, pas de cérémonie. Un ragoût, ça se mange comme ça a cuit, dans le plat, avec du pain pour finir la sauce.
Rien de compliqué, juste du temps, de la patience… et beaucoup d’amour dans la cocotte.







