Le jeûne séquentiel est une forme de jeûne intermittent où l’on ne mange plus que deux repas par jour, en laissant environ 16 heures sans aucun apport calorique entre ces repas, avec pour objectif de « mettre au repos » l’organisme et d’en tirer des bénéfices métaboliques et de bien-être.
Jeûne séquentiel : le principe en clair
Le jeûne séquentiel consiste à alterner, chaque jour, une fenêtre de jeûne d’environ 16 heures et une fenêtre alimentaire de 8 heures.
Concrètement, il s’agit de supprimer un des trois repas classiques (souvent le petit-déjeuner ou le dîner) et de ne garder que deux repas, espacés d’une longue période sans nourriture solide.
Exemples typiques de journée en jeûne séquentiel :
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- dîner à 20 h, puis ne plus manger jusqu’au déjeuner du lendemain vers 12–13 h ;
- ou premier repas vers 11–12 h et dernier repas vers 19–20 h, en sautant le petit-déjeuner.
Pendant la phase de jeûne, l’eau, le thé, les tisanes ou le café non sucré restent autorisés pour maintenir une bonne hydratation.
Ce que met en avant le Dr Saldmann
Le Dr Frédéric Saldmann présente le jeûne séquentiel comme une « cure de jouvence » et un amplificateur de bien-être, à condition qu’il soit pratiqué correctement et sur la durée.
Selon lui, laisser l’organisme sans apport alimentaire pendant plusieurs heures d’affilée permet :
- de mettre au repos le système digestif, qui mobilise de nombreux organes à chaque repas ;
- de stimuler des mécanismes de « nettoyage » cellulaire et de recyclage (autophagie) déjà décrits dans le cadre du jeûne intermittent ;
- d’améliorer certains paramètres métaboliques (poids, glycémie, lipides sanguins) et de renforcer l’énergie et l’immunité.
Il insiste également sur la nécessité de bien choisir ce que l’on mange pendant la fenêtre alimentaire : des repas structurés, riches en végétaux, protéines de qualité et bonnes graisses, plutôt que des aliments ultra-transformés hyper sucrés ou gras.
Le jeûne ne compense pas une alimentation déséquilibrée ; il fonctionne comme un levier supplémentaire, pas comme une excuse pour « se lâcher » sur les repas.
Quels bénéfices potentiels pour la santé ?
Les études sur le jeûne intermittent et les jeûnes de type 16/8 suggèrent plusieurs bénéfices potentiels lorsqu’ils sont bien encadrés :
- Perte de poids ou stabilisation pondérale : en ne prenant que deux repas au lieu de trois, on réduit spontanément les apports caloriques de 400 à 500 kcal par jour en moyenne, ce qui peut créer un déficit favorisant la perte de poids.
- Meilleure sensibilité à l’insuline et amélioration de la glycémie, en particulier quand on espace les prises de glucides et qu’on évite les grignotages répétés.
- Régulation des lipides sanguins et possible réduction du risque cardio-métabolique, comme l’ont suggéré plusieurs travaux sur le jeûne intermittent.
- Effet sur la flore intestinale : le temps sans apport alimentaire permettrait de « laisser travailler » le microbiote et d’améliorer le transit chez certaines personnes ; la reprise alimentaire doit alors privilégier les fibres (légumes, fruits, oléagineux) et certains aliments comme l’avocat, que le Dr Saldmann présente comme un « baume des intestins ».
Le médecin évoque également des effets possibles sur l’énergie, la clarté mentale et l’humeur, même si ces dimensions restent plus difficiles à mesurer scientifiquement et dépendent beaucoup des profils individuels.
À qui le jeûne séquentiel peut-il convenir ?
Le jeûne séquentiel est généralement présenté comme plus simple à mettre en place qu’un jeûne long, car il s’intègre dans le rythme quotidien (on continue à manger tous les jours) et repose surtout sur la suppression d’un repas et des grignotages.
Il peut être intéressant pour les personnes :
- en surpoids ou avec un tour de taille élevé, notamment en cas de prédiabète ou de troubles métaboliques ;
- qui grignotent beaucoup ou mangent tard le soir ;
- qui supportent bien l’idée de ne faire que deux repas structurés par jour.
En revanche, cette approche n’est pas adaptée à tout le monde :
- personnes très maigres ou fragiles ;
- femmes enceintes ou allaitantes ;
- personnes avec antécédents de troubles du comportement alimentaire (anorexie, boulimie, hyperphagie) ;
- personnes sous certains traitements (diabète, pathologies cardiovasculaires, etc.), chez qui les paramètres biologiques peuvent bouger rapidement.
Dans ces cas, un avis médical est indispensable avant d’envisager un jeûne séquentiel ou toute autre forme de jeûne intermittent.
Précautions et bonnes pratiques
Pour que le jeûne séquentiel reste un outil de santé et non une contrainte délétère, plusieurs points de vigilance sont soulignés :
- Progressivité : commencer par allonger doucement l’intervalle entre deux repas (par exemple 12 h, puis 14 h, puis 16 h) plutôt que de passer brutalement à 16 h de jeûne.
- Hydratation : boire régulièrement eau, tisanes, thé ou café non sucré pendant la période de jeûne.
- Qualité des repas : éviter les repas très copieux ou ultra-transformés avant et après le jeûne ; privilégier légumes, protéines de qualité, bonnes graisses, fibres et limiter les sucres rapides.
- Écoute de soi : surveiller la fatigue intense, les vertiges, les malaises, une irritabilité marquée ou des compulsions alimentaires ; ce sont des signaux que le protocole n’est pas adapté en l’état.
En résumé, le jeûne séquentiel est une forme structurée de jeûne intermittent 16/8 qui repose sur deux repas par jour et une longue plage sans nourriture, avec des bénéfices possibles sur le poids, le métabolisme et la sensation de bien-être, mais qui doit impérativement s’inscrire dans une alimentation de qualité et être adapté au profil de chacun.

