Une nouvelle revue systématique publiée dans The BMJ vient bousculer une idée bien ancrée : prendre du calcium et de la vitamine D en compléments serait indispensable pour protéger ses os après 60 ans. En analysant les données de près de 154 000 participantes et participants, les chercheurs montrent que ces suppléments auraient en réalité peu ou pas d’effet sur la prévention des fractures et des chutes chez les personnes âgées.
Une étude d’ampleur qui interroge les recommandations
Pendant des années, les compléments de calcium et de vitamine D ont été prescrits presque automatiquement aux seniors, aux femmes ménopausées ou aux personnes jugées « à risque » d’ostéoporose. La revue parue dans The BMJ, relayée par plusieurs médias scientifiques, remet cependant en question la solidité des preuves qui soutiennent ces recommandations systématiques.
Les auteurs ont passé au crible des essais cliniques de grande ampleur, comparant des groupes prenant des compléments à d’autres recevant un placebo ou aucun traitement. Résultat : la différence sur le nombre de fractures et de chutes observées reste minime, voire inexistante, ce qui suggère que les bénéfices de ces suppléments seraient largement surestimés dans une population générale.
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Peu de bénéfice sur les fractures, mais un vrai enjeu de prévention globale
Cette étude ne signifie pas que le calcium et la vitamine D ne servent à rien, mais qu’ils ne sont pas la solution miracle que l’on a parfois présentée. Chez des personnes en bonne santé, avec une alimentation variée et un minimum d’exposition au soleil, les apports semblent souvent suffisants pour couvrir les besoins quotidiens sans recourir systématiquement aux compléments.
En revanche, certains profils restent à surveiller de près : sujets très carencés, personnes vivant en institution, patients souffrant de malabsorption ou suivant des traitements qui fragilisent les os. Pour ces publics spécifiques, la supplémentation peut conserver tout son intérêt, à condition d’être décidée au cas par cas avec un médecin et éventuellement après un bilan sanguin.
Vers une prévention plus efficace : bouger, s’exposer au soleil, mieux manger
L’étude ouvre surtout la voie à une réflexion plus large sur la prévention des fractures après 60 ans. Plutôt que de se reposer sur des comprimés, les experts encouragent à renforcer les stratégies qui ont fait leurs preuves : activité physique régulière, exercices de renforcement musculaire, travail de l’équilibre et adaptation de l’environnement pour limiter le risque de chute.
Sur le plan alimentaire, privilégier une assiette riche en calcium « naturel » (produits laitiers, eaux minérales riches en calcium, légumes verts, amandes…) reste une base essentielle. Une exposition modérée au soleil, en respectant les précautions de protection, permet également de stimuler la synthèse de vitamine D sans passer forcément par les compléments.
En pratique, cette étude ne doit pas pousser à arrêter brutalement un traitement prescrit, mais à engager le dialogue avec son médecin pour réévaluer l’intérêt d’une supplémentation au long cours. Elle rappelle surtout que la santé osseuse repose sur un ensemble de piliers – alimentation, mouvement, hygiène de vie – plutôt que sur une seule pilule à avaler chaque jour.

