Le chef pâtissier Cyril Lignac, connu pour ses émissions télévisées et ses établissements parisiens comme La Chocolaterie Cyril Lignac, partage depuis plusieurs années une technique fondamentale pour travailler le chocolat.
Cette méthode d’émulsion progressive des liquides chauds sur chocolat fondu garantit des textures lisses pour ganaches, sauces, mousses et entremets. Détaillée dans ses démonstrations sur RTL, Instagram et ses livres de recettes, elle s’adresse autant aux professionnels qu’aux amateurs avertis.
Fondée sur des principes physiques simples – la dispersion uniforme des particules de cacao dans les matières grasses –, cette approche évite les grumeaux, les séparations et les figements intempestifs. Cyril Lignac y revient régulièrement, notamment dans une vidéo Instagram de mi-janvier 2026 où il prépare une mousse aux deux chocolats. « L’émulsion fait toute la différence entre un résultat amateur et professionnel« , explique-t-il. Cette astuce, héritée de ses formations auprès de maîtres comme Joël Robuchon, s’inscrit dans une démarche pédagogique qui a popularisé la pâtisserie précise auprès d’un large public.
Origine et principes de l’émulsion progressive
L’émulsion au chocolat repose sur l’incorporation contrôlée de phases liquides (crème, lait, eau) dans une phase grasse (beurre de cacao du chocolat fondu). Sans cette progressivité, les particules de cacao s’agglomèrent sous l’effet du choc thermique, formant des grumeaux irréversibles. Cyril Lignac préconise une température de fusion limitée à 45-50 °C pour préserver les flavonoïdes et arômes volatils du cacao.
Historiquement, cette technique tire ses racines des chocolatiers suisses et belges du XIXe siècle, perfectionnée par les maisons comme Valrhona ou Cacao Barry, partenaires occasionnels du chef. En cuisine moderne, elle s’applique dès les bases : ganaches pour pralines, glaçages miroir ou crèmes onctueuses. Lignac l’adapte à ses recettes télévisées, comme la sauce chocolat pour crêpes ou la mousse légère aux clémentines, diffusée fin janvier 2026 sur ses réseaux.
Dans le détail, le processus engage une réaction colloïdale : les lipides du chocolat stabilisent les particules hydrophiles du cacao sous l’action mécanique du fouet. Une étude de l’INRAE sur les émulsions alimentaires confirme que des ajouts fractionnés augmentent la stabilité de 40% par rapport à un versement unique. Lignac, pragmatique, synthétise : « Fouettez comme si votre dessert en dépendait. »
Choix des ingrédients et préparation initiale
Pour des résultats constants, Cyril Lignac sélectionne un chocolat noir à 70% de cacao minimum, idéal pour son équilibre amaritude-acidité. Marques recommandées : Valrhona Guanaja ou Felchlin Desserta, avec un beurre de cacao supérieur à 38%. Concassez 125 g en éclats fins (moins de 5 mm) pour accélérer la fusion sans surchauffe. Évitez les pistoles industrielles, souvent stabilisées avec des lécithines excessives qui altèrent l’émulsion.
Côté liquides, optez pour 10 cl de crème liquide entière à 35% de matière grasse et 9 cl de lait entier UHT pour sa stabilité thermique. Ces proportions (environ 1:1,5 chocolat-liquide) produisent une ganache fluide à 32 °C, température idéale de tempérage. Portez-les à frémissement (85 °C max) dans une casserole en inox à fond épais. Une pincée de sel de Guérande (0,5 g) potentialise les notes cacao, un geste signature du chef appris en Haute-Savoie.
Matériel indispensable : un bain-marie à double fond (casserole + bol en verre), un thermomètre de cuisine (probe infrarouge pour précision), et un fouet balloon en inox. Lignac déconseille le micro-ondes : « Les ondes irrégulières brûlent les bords et figent le centre. »
Étapes détaillées de la technique
La réalisation se décompose en cinq phases chronométrées pour 4 personnes :
- Fusion contrôlée (3 min) : Placez le chocolat concassé dans un bol sur un bain-marie frémissant (eau à 70 °C). Remuez jusqu’à 45-50 °C. Retirez du feu immédiatement.
- Préparation des liquides (2 min) : Dans une casserole, chauffez crème et lait à 85 °C. Éteignez le feu.
- Premier ajout (1 min) : Versez un tiers du liquide (environ 6 cl) sur le chocolat. Fouettez 30 secondes en cercles rapides du centre vers l’extérieur jusqu’à l’homogénéité brillante.
- Ajouts successifs (2 min) : Répétez avec un second tiers, fouettez 45 secondes. Terminez par le dernier tiers. La masse doit tripler de volume et luire comme un miroir.
- Finition et repos (1 min) : Incorporez 30 g de sucre glace tamisé. Fouettez 20 secondes. Utilisez à 35 °C max ou filmez au contact pour éviter la peau.
Temps total : 9 minutes. Rendement : 250 g de ganache polyvalente.
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Applications culinaires variées
Cette base s’étend à multiples usages. Pour une sauce onctueuse, servez à 40 °C sur poires pochées ou glace vanille – elle reste fluide 2 heures. En ganache de montage, refroidissez à 28 °C pour fourrer macarons ou entremets. Cyril Lignac l’emploie dans son moelleux signature (90 g chocolat + 90 g beurre), où la ganache remplace la crème pour un cœur coulant.
Pour les mousses aériennes, pliez 200 ml de crème fouettée (35% MG, à 4 °C) ou 4 blancs en neige (meringués à 40 g sucre) dans 200 g de ganache tiède (32 °C). Résultat : 500 ml de mousse stable 12 heures au frais. Sa recette culte (noir + lait) totalise des millions de vues cumulées sur YouTube et Instagram.
Autres déclinaisons : soufflé (ganache + meringue française, cuisson 12 min à 200 °C), truffes (ganache roulée à 18 °C, enrobage tempéré), ou glaçage miroir (ganache + sirop glucose, à -4 °C sur insert congelé). Lignac adapte aux saisons : piment d’Espelette en hiver, basilic frais en été.
Conseils avancés et erreurs courantes
Cyril Lignac liste cinq pièges à éviter :
- Surchauffe : Au-delà de 55 °C, le beurre de cacao cristallise.
- Choc froid : Liquides sous 70 °C provoquent la coagulation.
- Fouettage insuffisant : Moins de 30 secondes par ajout = grumeaux.
- Repos inadapté : Sans film contact, oxydation et croûte.
- Chocolat bas de gamme : Moins de 60% cacao = instabilité.
Bonus pros : pour accélérer, pré-trempez le bol en eau froide post-fusion. Ajoutez 5 g de gélatine 180 bloom pour ganaches injectables. Testez la brillance au doigt : elle doit glisser sans résistance.
Contexte et impact de la méthode Lignac
En France, leader mondial du chocolat avec 7,3 kg de consommation par habitant/an (CNP 2025), cette technique démocratise l’excellence. Cyril Lignac, formé au CFM de Paris et passé par l’Atelier de Joël Robuchon, l’enseigne depuis Oui Chef ! (M6, 2007). Ses livres (Chocolat, Marabout 2024) et partenariats (Cacao Barry) en font une référence.
Ses masterclass gratuites sur Instagram (1,2 million abonnés) ont boosté les ventes de matériel pâtissier de 15% chez Mathon en 2025. Pour les écoles hôtelières, c’est un standard : le Lycée Hôtelier de Toulouse l’intègre en terminale.
Recette complète : Ganache polyvalente de Cyril Lignac
Ingrédients (500 g) : 250 g chocolat 70%, 15 cl crème 35%, 13 cl lait entier, 50 g sucre glace, 2 g sel.
Étapes : Suivez le protocole ci-dessus, doublez les quantités. Stockez 48h au frais (4 °C).
Variante mousse : Montez 300 ml crème fraîche liquide, incorporez à la ganache à 30 °C. Pocher en verrines.
Cette méthode, rodée par 20 ans de practice, transforme le chocolat en allié fiable. Cyril Lignac prouve que la précision prime sur la complexité : un fouet, de la patience, et le tour est joué.







