Au cœur de l’Alsace, où les traditions boulangères se mêlent aux saveurs rustiques des plats mijotés, la boulangerie-pâtisserie Reutenauer vient de vivre un moment de gloire télévisuelle. Implantée depuis des décennies au Martelberg, cette institution locale a accueilli fin octobre 2025 les caméras de M6 pour “La meilleure boulangerie de France”.
La diffusion est prévue le 5 mars prochain, dans une semaine dédiée à l’Alsace du 2 au 6 mars, où deux boulangeries s’affronteront chaque soir à 18h35. Mickaël Reutenauer, le patron charismatique, s’est confié sur cette expérience : “C’était intense, mais une chance incroyable de montrer notre savoir-faire quotidien”.
Une institution alsacienne sous les projecteurs
Reutenauer n’est pas une boulangerie comme les autres. Depuis des générations, elle incarne l’âme de Saverne : pains au levain croustillants, kouglofs moelleux, bretzels bien salés et viennoiseries qui sentent le beurre frais. Mickaël Reutenauer explique : On a voulu montrer ce qu’on fait tous les jours, pas juste des pièces montées pour la télé. Nos pains accompagnent les ragoûts de veau aux olives ou les gratins dauphinois, nos brioches tressées rappellent celles qu’on voit dans Le Meilleur Pâtissier. Cette approche ancrée dans le terroir a séduit les équipes de M6, qui cherchent justement des artisans capables de raconter une histoire à travers leurs produits.
Un tournage intense, mais enrichissant
Le tournage a duré plusieurs jours dans l’atelier du Martelberg. Les caméras ont capté les gestes précis : pétrissage au levain, façonnage des bretzels, cuisson des kouglofs dans les fours à bois. Mickaël Reutenauer se souvient : “On a présenté nos spécialités alsaciennes, mais aussi des pains qui s’accordent avec des plats mijotés comme la chorba frik ou un poulet rôti à l’ail et romarin. Les juges ont goûté des viennoiseries qui pourraient accompagner un crumble aux pommes ou une panna cotta à la fraise”. Bruno Cormerais et Noémie Honiat, les jurés emblématiques, ont testé pains, pâtisseries et créations originales, avec des défis qui mettent en avant la créativité et la régularité.
Un lien avec les classiques de la cuisine française
Ce passage télévisuel arrive à un moment où la boulangerie française est plus que jamais mise en lumière. Comme dans les chroniques de Minute Du Chef, où un quatre-quarts équilibré ou des bugnes croustillantes deviennent des stars, Reutenauer montre que le pain et la viennoiserie sont les compagnons naturels des plats mijotés. “Un bon pain au levain saucera un ragoût de veau à la sauce tomate-crème ou un gratin dauphinois crémeux”, souligne Mickaël. Cette philosophie fait écho aux tendances actuelles : valoriser les produits simples, locaux, anti-gaspi, à l’image d’un batch cooking ramadanais où la chorba frik mijote lentement pour réunir autour de la table.
Un boost pour Saverne et l’Alsace
Pour Mickaël Reutenauer, cette émission est une vitrine : “C’est une fierté pour toute l’équipe, et pour la région. On espère que les gens viendront découvrir notre atelier après la diffusion”. Les audiences de l’émission, souvent autour de 2,5 millions de téléspectateurs, pourraient transformer Saverne en nouvelle destination gourmande alsacienne. Une victoire le 5 mars propulserait Reutenauer au rang des meilleures boulangeries de France, comme la France l’a fait avec son chou farci au championnat du monde.
La pression des caméras, le défi de la régularité
Face aux jurés emblématiques, dont le Meilleur Ouvrier de France Bruno Cormerais et la cheffe pâtissière Noémie Honiat, la moindre imperfection peut peser. Les critères sont stricts : goût, texture, créativité, mais aussi constance. Car une bonne boulangerie ne brille pas seulement sur une pièce signature ; elle doit assurer, chaque jour, la même qualité.
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Le tournage sur plusieurs jours a imposé un rythme inhabituel. Refaire un geste pour la caméra, expliquer une fermentation, détailler une recette tout en respectant les temps de pousse : l’équilibre est délicat. “Le plus difficile, c’était d’oublier la caméra pour rester concentré sur nos produits”, admet Mickaël Reutenauer.
Une opportunité économique et territoriale
Dans un environnement fragilisé par l’augmentation des prix des matières premières et la pression des acteurs industriels, une telle mise en lumière devient un véritable atout stratégique. Elle permet de réaffirmer la singularité de l’artisanat face à la standardisation des produits.
Surtout, elle rappelle que la boulangerie artisanale dépasse largement le simple statut de commerce de quartier : elle incarne un savoir-faire transmis, une mémoire gustative collective et une identité régionale vivante, profondément enracinée dans son territoire.
L’Alsace en étendard
La semaine spéciale dédiée à l’Alsace inscrit Reutenauer dans une dynamique collective. Chaque établissement en lice devient ambassadeur d’un savoir-faire régional. À travers ses pains et pâtisseries, la maison savernoise défend une certaine idée du goût : franc, généreux, fidèle aux racines.
Les téléspectateurs découvriront bien plus qu’un simple duel de fournées. Ils entreront dans un atelier où la tradition se conjugue au présent, où le levain raconte une histoire et où chaque miche porte l’empreinte d’un territoire.
Rendez-vous le 5 mars sur M6 pour découvrir si la boulangerie Reutenauer décroche le titre. En attendant, les fours du Martelberg continuent de chauffer, et les odeurs de pain frais embaument Saverne comme si de rien n’était, une belle leçon d’humilité et de passion, mais une chose est sûre : le passage sur M6 a déjà inscrit la boulangerie Reutenauer dans la grande fresque gourmande française.







