Deux références de morilles séchées de marque ChampiBon font l’objet d’un rappel dans toute la France, après le décès d’une femme de 27 ans à Montpellier. Un lien est suspecté, sans être établi à ce stade. Selon le ministère de la Santé, ces morilles peuvent rester toxiques même après cuisson.

Elle avait cuisiné un poulet aux morilles, son plat préféré selon sa sœur, avec des morilles séchées achetées en magasin. Le soir même, le lundi 2 novembre, une femme de 27 ans a ressenti de fortes douleurs abdominales. Transportée par les pompiers au CHU de Montpellier, elle y est morte le lendemain matin.

Les ministères de la Santé et de l’Agriculture indiquent qu’un lien est suspecté entre la consommation de ces champignons, les symptômes digestifs et le décès, « à ce stade des investigations ». Le parquet de Montpellier a ouvert une enquête, toujours en cours. Elle doit établir si les morilles sont bien en cause et, le cas échéant, quelle toxine est responsable. Le ministère insiste sur un point : les morilles rappelées peuvent rester toxiques même après cuisson.

Les deux produits à vérifier chez vous

Le premier rappel, publié le 4 novembre, concerne des pots de 60 grammes de morilles séchées ChampiBon vendus chez B&M du 12 octobre au 3 novembre 2026. Tous les lots sont visés. Le code-barres est le 3760201609743, avec une date limite au 1er décembre 2029. L’enseigne a annoncé un rappel national.

Un second rappel a suivi le 5 novembre, pour un conditionnement de 400 grammes de la même marque, vendu chez Promocash, le grossiste destiné aux professionnels, du 23 juin au 3 novembre 2026. Il porte le code-barres 3760201600023, le lot 262306 et la même date limite du 1er décembre 2029.

Que faire si vous en avez

Il ne faut plus consommer ni utiliser ces produits, même cuits. Les consignes diffèrent selon l’enseigne : les pots de 60 grammes achetés chez B&M sont à rapporter en magasin, les conditionnements de 400 grammes de Promocash sont à détruire. Dans les deux cas, un remboursement est prévu, et le fournisseur répond au 04 73 69 90 60. Dans l’Hérault, les inspecteurs de la protection des populations ont contrôlé les magasins B&M, qui ont retiré les pots des rayons.

Les symptômes décrits apparaissent dans les heures qui suivent le repas : diarrhées et vomissements, avec dans de rares cas une déshydratation sévère. En cas de troubles après avoir mangé ces morilles, il faut contacter sans attendre le centre antipoison, joignable au 01 45 42 59 59, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. En cas d’urgence vitale, appelez le 15 ou le 112.

Les morilles, toujours bien cuites

Indépendamment de ce rappel, la morille impose des précautions connues. La Direction générale de la santé recommande de ne jamais la manger crue, de la cuire suffisamment et de la consommer en quantité raisonnable. Selon la DGS, les intoxications signalées aux centres antipoison sont liées pour moitié à une cuisson insuffisante, pour l’autre moitié à une consommation trop importante.

Ces règles valent pour les morilles fraîches comme pour celles du commerce. Dans le cas des pots ChampiBon, le motif avancé est différent : une possible contamination par une toxine, que la cuisson ne suffit pas forcément à neutraliser. Les résultats de l’enquête diront si d’autres produits sont concernés.

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