Des pesticides, trop de sel, des additifs à la pelle : l’enquête de 60 Millions de consommateurs alerte sur plusieurs pains de mie très populaires en supermarché, loin de l’image “innocente” qu’on leur prête.
Pain de mie : ce que révèle vraiment l’enquête
Le magazine 60 Millions de consommateurs a passé au crible plusieurs dizaines de pains industriels (pains de mie, pains burger, bagels, pains hot‑dog) vendus en grandes surfaces, en analysant à la fois leur composition nutritionnelle et la présence de résidus de pesticides.
Résultat : une partie de ces produits coche toutes les mauvaises cases à la fois, avec un cocktail peu enviable de sel en excès, de sucres ajoutés, de peu de fibres… et de traces de pesticides, parfois multiples, dans un même paquet.
L’étude met en lumière que certains pains de mie très courants, notamment les références dites “extra‑moelleux” ou “longue conservation”, sont parmi les plus mal notés à cause d’ingrédients controversés et d’une qualité nutritionnelle jugée médiocre.
En parallèle, plusieurs pains pour burgers, bagels et hot‑dogs sont également pointés du doigt pour leurs résidus de pesticides et leur teneur trop élevée en sel par rapport à leur apport en fibres.
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Ces marques de pain de mie que l’étude invite à limiter
Dans la catégorie des pains de mie, 60 Millions de consommateurs identifie plusieurs références à éviter en consommation régulière, en raison de leur combinaison d’additifs, de résidus de pesticides et d’une composition déséquilibrée.
Parmi les plus citées, on retrouve notamment :
- Épi d’or “extra‑moelleux” (E.Leclerc) ;
- Chabrior “extra‑moelleux” (Intermarché) ;
- Pain de mie “extra‑moelleux” (Auchan) ;
- Pain de mie “longue conservation” (Carrefour) ;
- Harry’s “American Sandwich 7 céréales”.
Ces produits concentrent plusieurs points noirs : additifs en nombre, taux de sel élevé, sucres ajoutés, peu de fibres et, dans certains cas, plusieurs résidus de pesticides, dont un insecticide classé irritant et potentiellement perturbateur endocrinien (cyperméthrine) pour le pain de mie 7 céréales d’Harry’s.
Pains burgers, bagels, hot‑dogs : d’autres mauvais élèves
L’enquête ne s’arrête pas au pain de mie tranché classique : les pains pour burgers, bagels et hot‑dogs, très consommés pour les repas “à l’américaine”, sont eux aussi nombreux à présenter résidus de pesticides, excès de sel et peu de fibres.
Parmi les références les plus mal notées, on trouve par exemple :
- Bagels sésame U ;
- Bagels sésame à garnir Auchan ;
- Pains “Original maxi burger complet” Auchan ;
- Pains “Classic’ Burger maxi à la farine complète” Carrefour ;
- Pains hot‑dog La Fournée Dorée ;
- Pain de mie “American Sandwich 7 céréales” Harry’s, qui cumule trois pesticides différents.
Ces produits restent parfaitement autorisés à la vente, mais les auteurs de l’étude recommandent d’en faire des aliments occasionnels plutôt que des basiques du quotidien, surtout chez les enfants ou en cas de consommation fréquente.
Pourquoi ces pains de mie posent problème ?
Deux grandes familles de problèmes ressortent : la qualité nutritionnelle et la présence de résidus chimiques.
Sur le plan nutritionnel, la majorité des pains industriels épinglés sont jugés trop salés, avec des sucres ajoutés (saccharose, sirop de glucose), peu de fibres et parfois une liste d’ingrédients à rallonge, loin d’un simple mélange farine‑eau‑levure‑sel.
Sur le plan chimique, l’enquête révèle dans plusieurs références la présence de résidus de pesticides, parfois multiples, même si les quantités restent en dessous des seuils réglementaires.
Le problème, souligné par 60 Millions de consommateurs, tient au cocktail de ces substances sur le long terme, en particulier lorsque certaines sont suspectées d’effets perturbateurs endocriniens, comme la cyperméthrine détectée dans certains pains de mie et pains burger.
Comment bien choisir son pain de mie en supermarché ?
La bonne nouvelle, c’est que tous les pains industriels ne sont pas logés à la même enseigne, et que certains tirent leur épingle du jeu avec une composition plus simple et un meilleur profil nutritionnel.
Les experts recommandent notamment :
- de privilégier les pains riches en fibres et à la liste d’ingrédients courte ;
- de limiter les mentions “extra‑moelleux” et “longue conservation”, souvent synonymes de plus d’additifs ;
- de surveiller la teneur en sel sur l’étiquette ;
- d’opter, quand c’est possible, pour des produits bio mieux encadrés sur l’usage de pesticides.
Certaines références sortent du lot dans le bon sens, comme le pain de mie “Maxi tranche 11 céréales & graines” de Jacquet, souvent bien noté pour sa teneur en fibres et son sel mieux maîtrisé, ou encore certains pains de mie bio et pains aux graines mieux équilibrés.
Mais le réflexe le plus sûr reste de considérer le pain de mie industriel comme un produit de dépannage ou d’appoint, et de ne pas hésiter à alterner avec du pain de boulangerie ou fait maison.
Faut‑il bannir le pain de mie de sa cuisine ?
Non, l’enquête ne dit pas qu’il est interdit de manger du pain de mie : elle invite plutôt à changer de réflexes, à lire les étiquettes et à éviter que les références les plus problématiques ne deviennent le pain de tous les jours.
En pratique, il s’agit de :
- limiter les marques épinglées ;
- privilégier des pains plus simples, plus riches en fibres et moins salés ;
- varier les sources de pain (boulangerie, maison, options complètes ou aux graines).
L’enquête de 60 Millions de consommateurs a surtout le mérite de rappeler qu’un produit qui semble banal – le pain de mie prétranché – peut cacher, selon la marque choisie, une réalité très différente en termes de composition.
À l’heure où les Français cherchent à mieux manger sans exploser leur budget, apprendre à décrypter le rayon “pain industriel” est devenu un vrai geste de santé du quotidien.






